Trouver du confort dans l’inconfort

On dit souvent qu’il faut 21 jours pour ancrer une habitude. Pourtant en ce 23ème jour de confinement, je pense que personne ne s’est réellement « habitué » à cette situation. Certes nous avons plus ou moins trouvé nos marques, instauré un rythme, mais ça s’arrête là. On « compose » avec. Car un paramètre supplémentaire est à intégrer : l’incertitude. Pour la vivre au mieux, essayons alors de trouver du confort dans l’inconfort.

L’incertitude … Celle de la durée du confinement. Des conditions du déconfinement. Plus largement, de l’évolution de la situation. Alors nous tâtonnons, dans une forme d’inconfort plus ou moins important selon nos situations personnelles : en appartement ou en maison, seul.e.s ou en couple, avec ou sans enfants, encore au travail, en télétravail ou en chômage partiel … et j’en passe. Parfois nous pensons avoir trouvé un équilibre, et le jour suivant nous ressentons une sensation d’oppression qui peut se transformer en angoisse, en révolte, voir en crise de claustrophobie : on se sent coincé.e. non seulement dans notre environnement matériel, mais également dans la situation en tant que telle. Nous pouvons ressentir une forme d’impuissance qui génère une tension épuisante et énergivore. Nous en parlions ce week-end avec une amie (Camille, si tu passes par là !) : cette période nous challenge, et pour la vivre au mieux il faut réussir à trouver du confort dans l’inconfort.

📌Le confort dans l’inconfort, une question de repères

L’inconfort c’est cette situation, sur laquelle nous n’avons pas de prise. Qui nous dépasse. Qui ne nous convient pas vraiment, et qui génère des émotions, sensations pas toujours très agréables.Pour gérer cet inconfort, nous avons besoin de nous créer un environnement … confortable. Matériellement, mais pas uniquement.

Ces trois dernières semaines ont probablement été expérimentales pour beaucoup d’entre nous. On a débuté les apéros en visio avec la famille, les amis, on a fait le ménage de printemps, réparé tout ce qu’on avait à réparer, essayé de trouver un rythme en télétravail, d’organiser la vie dans un environnement certes connu mais dans un contexte inédit. 20 jours plus tard, à titre personnel c’est de repères dont j’ai désormais besoin pour trouver du confort dans cette situation qui dure.

J’ai depuis deux semaines plusieurs rendez-vous hebdomadaires avec ma famille, à des heures précises : ce sont mes soirées en famille. Je donne des cours de sport à mes proches et anciens collègues à jour et heure fixe, et ces rendez-vous rythment ma semaine. J’ai expérimenté plusieurs emplacements pour travailler : d’un côté de la table à manger puis de l’autre, sur le bar, dans une chambre … et j’ai noté quelles étaient mes sensations tout au long de la journée. Cette semaine j’ai fini par choisir deux emplacements différents qui me permettent de couper et passer plus facilement d’un temps de travail à un temps privé. J’ai testé des horaires de travail classiques, pour finalement me rendre compte que je préfère vraiment bosser tôt qu’en fin de journée. J’avais arrêté ma routine matinale, j’ai ressenti le besoin de la reprendre et de l’adapter. Etc., etc.

Ce confinement s’étend sur la durée, et ces petits repères, rendez-vous, rituels … me rassurent. Et lorsque je craque, j’utilise l’outil suivant ⬇

🗒Donnée d’entrée et zone d’action

Lors d’une formation en gestion du temps suivie lorsque j’étais dans mon précédent job, j’ai découvert un outil très intéressant que je souhaite vous partager aujourd’hui : donnée d’entrée et zone d’action, dont je vous ai résumé le principe en schéma ci-dessous :

J’aurais aussi pu prendre l’exemple du train loupé à la seconde près, lorsque le prochain est programmé 1h plus tard (c’est du vécu) :

  • Donnée d’entrée : j’ai loupé mon train. Ça m’énerve, surtout que je me suis tapée un sprint de dingue, que ça me fait perdre une heure dans ma journée … C’est humain, mais si je laisse ces émotions prendre le contrôle trop longtemps je perds de l’énergie inutilement.
  • Zone de pouvoir -court terme- Qu’est-ce que je peux faire là maintenant tout de suite pour optimiser ce temps, et utiliser mon énergie pour quelque chose d’utile ? J’avais un appel prévu à 18h, peut-être puis-je en profiter pour le passer maintenant. Ça se tente. Super, il est dispo !
  • Zone d’influence -moyen/long terme- : Gérer ces trajets devient trop pesant. Il va falloir que je réfléchisse à déménager pour me rapprocher de mon lieu de travail/trouver un job plus proche de la maison.

Vous pouvez le transposer à n’importe quelle situation subie. Je vous laisse vous amuser 😉.

La donnée d’entrée, mieux vaut l’accepter

Transposé au contexte actuel, cet outil nous aide à nous poser les bonnes questions. Le confinement, nous ne pouvons rien y changer. C’est notre donnée d’entrée. Lorsque notre mental revient en boucle sur cette étape, souvenons-nous qu’il est plus utile de focaliser notre énergie sur ce sur quoi nous avons prise. Personnellement, il m’arrive de partir en boucle sur la situation et son impact sur l’obtention de mon diplôme, et donc le démarrage de ma « nouvelle vie » … Et parfois, c’est juste un craquage lié à la sensation d’oppression. Lorsque ça arrive, j’accepte, je note et j’essaye de passer à l’étape 2 le plus vite possible.

Notre zone d’action  

Ma zone d’action, qu’est-ce que c’est ? C’est l’espace où je peux agir pour apaiser mon mental. C’est regarder ma série car ça me change les idées. Me programmer une séance de yoga pour m’apaiser. Prendre mon agenda et me fixer mon planning pour la journée suivante, et ainsi me rassurer. Programmer un appel visio avec une copine. Etc, etc.

Ma zone d’action, c’est aussi ce que je peux faire pour transformer cette situation subie en une occasion d’initier des changements pour écrire le prochain chapitre de ma petite vie. Car cette période est propice à l’introspection, à la réflexion. Tout semble s’être arrêté, et le rapport au temps en est transformé. C’est peut-être le bon moment pour plancher sur les changements que nous souhaiterions mettre en place dans notre vie, voire à un niveau plus large, pour la société : contacter cette personne dont nous admirons l’histoire et qui est certainement elle aussi disponible et prête à vous la partager, tester la méditation, télécharger un ebook/lire des articles sur un sujet qui nous fascine, voire expérimenter :  pourquoi ne pas oser ce que nous n’avions jamais osé faire auparavant, écrire, partager, prendre la parole sur un sujet qui nous tient à cœur, et observer si ça prend, ou non. Bref, se servir de cette parenthèse comme laboratoire du prochain chapitre de notre vie.

❔ Et vous, à J+23 de ce confinement, et à J-l’inconnu, comment gérez-vous cette situation ? Avez-vous trouvé votre confort, dans l’inconfort ?

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