Chronique d'un changement de vie – Version confinée

2 semaines que je n’ai pas pris le temps d’écrire ici. 2 semaines que le quotidien si bien rythmé s’est progressivement transformé, pour totalement basculer, d’une façon vraiment surprenante. J’aurais dû publier un article mardi dernier, ainsi qu’un épisode du podcast ce mardi. Je n’en avais cependant pas envie. Simplement. Alors j’ai écouté mes ressentis, j’ai pris le temps nécessaire pour appréhender ce nouveau quotidien qui, bien qu’il soit temporaire, s’inscrit tout de même dans la durée. Après quelques jours à tâtonner, j’ai progressivement pris mes marques. L’envie d’écrire s’est de nouveau manifestée, tout comme celle de partager et de contribuer à mon échelle. Alors aujourd’hui je vous propose un petit article non-préparé, où je vais laisser mes doigts défiler sur le clavier pour vous raconter ces derniers jours. Je vous propose donc une chronique d’un changement de vie … un peu bousculé.

Ces quelques jours, où tout a basculé

Jeudi 12 mars

Ça fait plusieurs semaines qu’on entend parler du coronavirus. En début de semaine, le terme pandémie est employé. Pourtant, honnêtement et humblement, je reconnais que je commence seulement à prendre conscience du caractère sérieux de ce qu’il se passe, et encore, de façon assez minime. Ma seule préoccupation est de ne pas tomber malade pour ne pas être perçue comme quelqu’un ayant la peste, devoir respecter un confinement de 14 jours, embarquer ma classe là-dedans avec une culpabilité ++, prendre du retard sur ma formation … Bref, mon petit hamster s’agite dans sa cage ! Tout ça me semble loin et près à la fois. Ça se rapproche d’un coup lorsque comme pour la majeure partie d’entre nous, ce fameux jeudi soir à 20h Macron s’est invité dans mon salon. De premières mesures fortes sont alors prises, et bien qu’elles ne m’impactent pas directement, je sens tout de même que … ce n’est que le début.

Vendredi 13 mars

Exceptionnellement nous n’avions pas cours le matin pour nous permettre d’aller au Salon du Fitness, qui a été bien sûr annulé entre temps. On reçoit un mail de la directrice de l’école, qui nous précise que notre organisme de formation n’est pas concerné par les mesures annoncées par Macron, et que nous restons ouverts. Je prends donc les transports en milieu de journée, direction la salle de sport où je suis ma formation pour faire ce que je pense être ma dernière séance d’haltérophilie avant un bon bout de temps -gagné ! -. Par bonheur, les charges d’examen (initialement prévu les 2 et 3 avril prochain) passent, au moins une bonne nouvelle ✌. Je pars ensuite direction ma salle de sport, où je travaille en alternance. L’ambiance à Paris est alors assez étrange. Tout le monde semble avoir pris conscience de ce qu’il se passe, les gens s’espacent, ceux qui osent toucher la poignée du métro de la ligne 6 à mains nues sortent de la rame poursuivis par des regards remplis de jugement, et ceux qui toussent je ne vous en parle même pas … !

J’arrive à la salle, l’ambiance est très calme, personne sur le plateau de cardiotraining, et je m’attends donc à ne pas avoir grand monde dans mes cours de 16h (renfo) et 16h45 (stretching). D’autant plus que ce sont principalement des seniors qui y assistent. Et bien le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne m’attendais pas à ça : mon cours était plein comme à son habitude (une vingtaine de personnes), et toutes les habituées étaient là. Tout le monde prend un tapis, sa paire d’haltères … et j’avoue ne pas être très à l’aise. Psychose ou pas psychose, mon environnement de travail m’apparaît comme un lieu particulièrement à risque. Surtout pour mon public. Ce groupe très attachant, qui ne manquerait pour rien au monde son cours de l’après-midi où l’on retrouve les « copines de la gym » … Dans les échanges, quelques unes semblent inquiètes et préviennent que ce sera leur dernier cours avant un certain temps. Mais pour la majorité d’entre elles, tout ça est exagéré, et il n’est pas question de changer les habitudes pour si peu.

Je donne donc mon premier cours, et à la fin, lorsque je change ma playlist je reçois ce message m’indiquant que notre école est finalement contrainte de fermer. Aouch. Si je m’attendais à une fermeture des salles, je n’avais pas imaginé que ce serait l’école qui fermerait en premier. L’une des causes : le ministère des sports a informé qu’il ne fallait pas être plus de 10 par cours collectif. Nous sommes une vingtaine en cours, et sommes donc directement impactés.

Cette mesure a des impacts directs dans ma salle : nous mettons en place des listes pour limiter l’accès aux cours collectifs à 10 participants. Je donne le dernier cycling à 19h, cours supprimé à partir du samedi en raison de la proximité entre les équipements. Je rentre chez moi en ayant conscience que tout ça risque d’évoluer dans les prochains jours.

Samedi 14 mars

Ce matin je travaille. Après avoir bravé les transports munie de mon super gel hydroalcoolique périmé (d’ailleurs ça périme vraiment ces trucs-là ?), j’arrive dans ma salle de sport fantôme. Les adhérents sont motivés pour s’inscrire sur les listes, commencent à élaborer des stratégies pour venir s’inscrire le matin tôt, et encore une fois je suis étonnée de voir et d’entendre que ce sont les plus âgés qui sont les plus déterminés. J’ai pour ma part un rendez-vous avec une nouvelle adhérente à 11h : une runneuse qui souhaite compléter son entrainement avec du renforcement musculaire via les machines du plateau muscu. Et bien aujourd’hui je ne suis pas peu fière de lui avoir répondu que franchement ça ne sentait pas bon et que j’allais plutôt lui proposer un programme réalisable à la maison 😅. Car dès la mi-journée certains clubs commençaient à fermer, et si le mien n’était pas concerné, samedi soir l’allocution d’Edouard Philippe a mis tout le monde d’accord : tous les commerces non-indispensables seront fermés dès minuit (l’arrêté publié le lendemain précise sa durée : jusqu’au 15 avril 2020). A 21h nous recevons la confirmation de la direction générale : C’est officiel, nous sommes au chômage partiel !

Ce fut un soulagement. Dans ce contexte je me trouvais très exposée (transports + salle), avec surtout une responsabilité vis-à-vis de mon public senior que je retrouve le lundi et le vendredi.

Parallèlement, par principe de précaution j’ai annulé au dernier moment, à 16h juste avant de partir, mon court week-end sur Chambord qui aurait dû me permettre d’enregistrer le prochain épisode de 50 Nuances de sport. Je réfléchis actuellement au format de ce prochain épisode, mais il sera forcément différent.

Lundi 16 mars

Je suis donc au chômage partiel, et je considère que je suis confinée. J’ai été très exposée, je suis peut-être porteuse saine, alors je fais ma part, je reste chez moi. Ce que Macron officialise … le soir-même.

Les conséquences

Tout cela génère forcément des questionnements relatifs au passage de mon diplôme.

Nous devions passer les épreuves physiques début avril, puis dans la foulée être évalués en situation professionnelle, dans nos salles. L’arrêté courant jusqu’à mi-avril, le report de ces épreuves est inévitable.

Sans compter sur cet aspect purement logistique, gros questionnement quant à nos charges d’examens. Sans entrainement pendant un mois, les charges en haltéro difficilement acquises ces dernières semaines risquent d’être un lointain souvenir. Concernant les autres épreuves, matières, encore une fois nous ne sommes pas égaux. Nous comptons par exemple quelques parents dans la promotion, qui doivent gérer entre révisions et vie familiale (une pensée pour les copines au passage, Cath’ et Liz’ si vous passez par là, bon courage à vous).

Globalement comme tous les français nous ne sommes pas égaux dans cette situation : entre ceux qui vivent dans un 20m² et ceux qui vivent dans une maison, ceux qui doivent aller travailler et ceux qui sont coincés chez eux … cette situation est unique, et plus vite nous passons dans l’acceptation plus vite nous nous y acclimaterons -car on ne va pas se voiler la face, on sait bien qu’on n’en aura pas que pour 2 semaines 😅-.

Trouver du confort dans l’inconfort

Si toutes ces questions sont évidemment stressantes, je suis assez vite passée à l’étape acceptation. La situation est tellement surréaliste (je pense avoir dit nan mais cest fou à peu près 100 fois en 3 jours) que je n’ai pas placé mon énergie dans la révolte. Tout le monde est conscient du caractère improbable de cette situation, et je fais aussi bien confiance aux autorités qu’à la DRJSCS (qui délivre mon diplôme) qu’à mon école pour faire de son mieux.

Ce n’est pas pour autant que le moral est à son apogée. J’ai très rapidement vu des gens réagir en écrivant des articles, en publiant des entraînements sur les réseaux sociaux, en mettant en place des « live » pour proposer des séances gratuites sur Instagram et Facebook et j’en passe. Je trouve ça absolument génial ! Mais de mon côté j’ai bien senti lors des premiers jours de confinement que je n’avais pas encore trouvé mes marques dans cette parenthèse. Dans ces moments, plus qu’à n’importe quel moment, j’observe mes ressentis et mes réactions face aux situations qui se présentent à moi. Et semaine dernière je sentais clairement que je n’étais pas prête à écrire ici, à travailler sur mes projets perso (blog, podcasts …). Alors je me suis laissée le temps de trouver mon confort, dans cet inconfort.

Depuis fin de semaine dernière tout cela commence à revenir. J’ai trouvé mon rythme, et mon emploi du temps est désormais structuré entre la routine matinale (yoga, méditation, visualisation, et … petit dej’ 😋), une session de travail/révisions de 8h30 à 12h, un break de 12h à 14h, une nouvelle session de travail/révisions de 14h à 18h. La journée s’achève avec une session de sport (musculation maison ou cardio) pour marquer une coupure nette.

Petite parenthèse : Jusqu’à hier, celle-ci s’achevait avec l’allumage de la télé pour écouter le Point Presse du Directeur de la Santé, suivi du Journal de 20h pour se tenir informé. Mais j’ai réalisé hier soir à quel point cette surdose d’informations devenait nocive pour mon mental, m’emprisonnant dans cette actualité étouffante. Alors dès ce soir je m’en tiendrais aux alertes reçues sur mon téléphone, ainsi qu’aux prises de parole officielles. Sans oublier le rendez-vous de 20h pour applaudir aux fenêtres les personnels soignants pour qui nous nous devons d’être reconnaissants, et d’agir de façon responsable en restant chez nous !

La confinée remotivée !

Avec ces marques retrouvées, mon cerveau a réactivé le mode volonté/créativité ! Sont d’ores et déjà prévus :

  • 2 créneaux de sport le week-end prochain (renfo et stretching) via la plateforme Zoom pour mes proches histoire de passer un bon moment ensemble, même confinés. Ça promet 🏋‍♀!
  • Et ici, avec mon amie Sandrine sophrologue interviewée dans l’épisode 2 de Chroniques d’un changement de vie – Le podcast, nous avons eu l’idée de vous mettre à disposition une à plusieurs séances de sophrologie sur le podcast pour vous apporter plus de sérénité dans cette période particulière. La première séance arrive très vite ! 🙂

Si vous avez des idées, des demandes particulières, des sujets que vous aimeriez que j’évoque, des choses que vous aimeriez que je vous partage, que ça concerne le sport, la reconversion, le développement personnel … n’hésitez pas à m’écrire via le formulaire de contact juste ICI et j’en prendrai note !

Bon courage à tous dans cette période, certes complexe mais idéale pour prendre du temps pour soi, pour se reconnecter à sa petite voix intérieure, et choisir ce que l’on souhaitera vivre une fois qu’on sortira de tout cela. Ce temps, nos soignants ne l’ont pas. Alors soyons sympas, restons chez nous 😘

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