[J+20] Accepter sa singularité, celle des autres, et permettre ainsi à chacun de trouver sa place.

 » Une fois diplômés moi je ne veux pas que vous soyez un coach « IMF », je veux que vous soyez « X le/la coach, formée par l’IMF« . Évident, et pourtant libérateur.

Lundi 26 août. Ce matin, c’était notre premier « vrai » cours. 9h30, le formateur arrive, nous donne une trame de cours de renforcement musculaire. Une trame que l’on pratique dans un premier temps, qu’on analyse dans un second (positionnement à indiquer, consignes de sécurité …), et qu’on finit par animer devant nos petits collègues. Hop, on est dans le bain les gars, ça y est !

Je vous avais parlé dans mon article « [J+7] premier bilan » de mon vieux réflexe de comparaison. Et bien cette expérience, déroutante à juste titre (se retrouver face à un groupe d’une dizaine de personnes que tu ne connais que très peu, en situation de « coach » pour la toute première fois, et bah … ça fait bizarre) et l’analyse réalisée par notre formateur a été vraiment salvatrice.

Après chacun de nos passages, nous avions droit à un debrief personnalisé, devant l’ensemble de la classe. Peut-être cela vous ramène-t-il au collège lorsque le prof distribuait les contrôles corrigés de la meilleure note jusqu’à la moins bonne, vous mettant dans une situation d’angoisse et d’humiliation délectable tant que votre nom n’était pas sorti …Pourtant ici, la démarche n’était pas du tout celle-ci. Le formateur a pointé ce qui fait notre personnalité, et quels étaient à première vue nos points forts, ceux qui définiraient notre style de coaching, et ce sur quoi nous allions devoir travailler. Tout ça … en toute bienveillance.

Le fait que nous soyons tous passés par là nous a permis d’apprendre à nous connaitre les uns les autres, dans nos singularités, ainsi qu’à les accepter. Dans notre promo, nous avons donc des coachs plutôt militaires, des coachs « challenge » (Fiona, si tu passes par là), des coachs plutôt doux, certains drôles, d’autres très techniques, certains sont des mix de tout ça … 25 babycoachs et 25 profils différents. Et heureusement. Si notre formation nous donne des bases solides pour exercer ce métier en préservant la sécurité de nos clients -ce sur quoi nous serons évalués à la fin de l’année- , ce qui définira notre clientèle, c’est bien notre personnalité. Ce qui implique de se connaitre, et surtout de s’assumer.

Alors bien sûr, tout ça, je ne l’ai pas appris aujourd’hui. Je le sais, et c’est d’ailleurs l’une des principales raisons qui m’amènent à faire ce métier. Mais entre ce qu’on sait en théorie et ce que nos réflexes nous amènent à penser lorsque l’on se retrouve en situation, il y a parfois un léger « gap ». Notre besoin de se sentir intégré dans un groupe peut nous amener à nous conformer à ce qui semble être le dénominateur commun de l’ensemble des membres, en « atténuant » ce qui fait pourtant notre personnalité propre …

Ce réflexe, je l’ai développé tout au long de mon enfance, en raison d’un manque certain de confiance en moi qui m’a amené à me « conformer » dans de nombreuses situations (à l’école, dans mes relations amicales …) pour ne pas risquer d’être rejetée, abandonnée … Je peux pousser la réflexion jusqu’au choix de mon ancien métier, « RH« , vers lequel je me suis dirigée certes pour le côté humain mais aussi parce qu' »il y a des débouchés, et puis on peut évoluer, ça paye bien (…) » et surtout, sans que je ne le conscientise à l’époque, parce que ça me permettait d’exister, de ne pas « dépasser ». Je m’explique : En étant RH, j’existe comme RH, ce fameux business partner avec sa « fiche de poste » bien rodée, qui me permet de savoir exactement quel est mon rôle à jouer dans l’entreprise, quelle posture tenir, quels processus respecter etc.. Je n’ai ainsi qu’à enfiler mon costume et jouer mon rôle pour exister.

Si la course à pied a été un véritable déclic en me permettant de gagner en confiance en moi, ma dernière expérience professionnelle a clairement joué un rôle prépondérant dans ce que je pourrais appeler ma propre acceptation. Pour la première fois, on m’a laissé « la place » d’être qui je suis. Avec bienveillance, certaines personnes m’ont prises sous leur aile, ont identifié mes singularités et les ont vu comme des forces sur lesquelles je devais travailler pour n’en tirer que le meilleur.

Un exemple concret : On m’a longtemps dit que je parle beaucoup, et surtout très vite. Et … c’est un fait. Ce qui m’a longtemps semblé être une sorte de « défaut », quelque chose sur lequel il fallait que je travaille pour me rapprocher de la « normalité » rendait toute intervention en public doublement stressante (et qui dit stress dit augmentation du débit de paroles, alors vous imaginez …). Et pourtant, dans cette expérience on a vu les aspects positifs de ce trait de personnalité (j’aime communiquer, et mon débit de paroles traduit mon engagement), on m’a rapidement confié des missions me permettant de le mettre en pratique, en me faisant intervenir dans des réunions, lors de journées professionnelles, en me confiant l’animation d’un réseau,etc. Et surtout, sans pointer du doigt de façon négative mon débit de paroles, on m’a plutôt donné des astuces pour structurer touuutes ces choses que je suis capable de débiter en 30 secondes (ceux qui me connaissent savent de quoi je parle, les autres … vous seriez surpris) pour en faire quelque chose de compréhensible (Salima, si tu passes par là … merci encore). Pour la première fois, ce que certains voyaient comme un problème (moi y compris), d’autres personnes l’ont vu comme un potentiel. Et m’ont donné les clés pour l’exploiter. Aujourd’hui, il est moins fréquent qu’on me dise juste que je parle vite, on me dit plutôt que je m’exprime de façon passionnée, dynamique et structurée. Et encore mieux. Il s’avère que c’est dans l’interaction, dans l’échange, et l’animation que je m’épanouis le plus … Cette prise de conscience me permet aujourd’hui d’assumer « aimer parler », et d’exploiter cela notamment dans mon nouveau métier, mais aussi via d’autres projets, dont l’exemple le plus parlant est le podcast que j’ai lancé en avril dernier, 50 Nuances de sport, un format dont le principe même implique de s’exprimer.

Ceci n’est qu’un exemple tiré d’une liste non exhaustive d’attentions qui m’ont permises de prendre « ma place », d’accroître mon sentiment de liberté et d’ainsi oser prendre davantage d’initiatives. Je n’avais que rarement l’impression d’être la Chargée de Mission Handicap et formation, davantage d’être Rosanne, Chargée de (…). Et bien que mon ancienne direction le sache déjà, je le réécris ici : MERCI.

Un dernier exemple d’un autre genre, pour illustrer ces propos. Depuis toute petite, j’adore la chanson française et j’ai un penchant certain pour Céline Dion (eeh oui !!). La collégienne que j’étais ne l’assumait pas (Céline, je suis profondément désolée), la lycéenne non plus (pardon pardon pardon), ou seulement lorsque j’étais avec les rares personnes qui elles, l’assumaient pleinement. Petit à petit, grâce à cette place qu’on m’a laissée, j’en ai finalement fait ma marque de fabrique, allant jusqu’à chanter dans les bureaux et me faire acclamer pour mes performances vocales (bon là, ok, je m’enflamme). Et dès que je pourrai créer un cours de sport sur une playlist de mon choix, croyez-moi quand je vous dis que je n’hésiterai pas ! 😉

Tout cela pour dire que ce qui nous différencie, dont nous avons parfois eu honte pendant longtemps, est pourtant certainement ce qui fait qui nous sommes.

Et je suis persuadée que cela vaudrait la peine qu’on respecte davantage ces singularités dans tous les domaines, et dans de nombreux métiers. Qu’on apprenne à connaitre les gens, et qu’on leur laisse la place d’exister pour qui ils sont, en exploitant leurs forces, leurs spécificités. Quoi de plus inefficace sur le moyen/long terme qu’une personne cochant les cases de sa fiche de poste sans espace pour s’approprier ce qui devrait être sa mission. Et je pèse mes mots. Car à mon sens, le métier ne devrait pas être une fin en soi, mais bien un outil au service de notre mission de vie.

Enfin, si je fais le parallèle entre ma promotion et une équipe, un groupe lambda, ce mode de fonctionnement laisse à chacun l’espace d’être qui il est, et favorise l’acceptation de l’autre. Dans cette configuration la rivalité laisse plus facilement place à l’entraide et à l’interdépendance. Chacun fait bénéficier au groupe de ses points forts : ceux qui sont bons en prise de notes partagent leurs cours, ceux qui sont forts en pratique motivent leurs camarades, ceux qui sont doués pour fédérer organisent ce qu’il faut pour maintenir cette cohésion d’équipe … amenant ainsi l’ensemble du groupe … à la certification en juin 2020 (on y croit la Team ! ) ! 😉

Pour terminer, je vous propose ICI un petit exercice tout simple pour vous aider à identifier ce qui fait votre singularité, et peut-être ainsi trouver vos forces, celles qui définissent ce pour quoi vous êtes -vraiment- fait …

Et comme dirait le p’tit Oscar …

Soyez vous-même, les autres sont déjà pris !

Oscar Wilde.

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